Textes et images du bulletin du Syndicat d'Initiative des Petites-Dalles

1996

LES PETITES DALLES

selon les guides Joanne 1893


Le hameau des Petites Dalles, petit havre de pêcheurs. qui dépend des communes de Saint Martin-aux-Buneaux et de Sassetot est agréablement situé au débouché d'un vallon toujours vert, planté d'arbres, couvert de jardins, et protégé par son étroitesse, de l'irruption des vents. L'ancien village a presque entièrement disparu pour faire place à de grands et beaux chalets, des villas magnifiques et des maisons de campagne. Les chalets les plus remarquables sont ceux de MM. de Blowitz. correspondant du Times à Paris, Ernest Daudet et Bardy.
La plage, de galet, resserrée au N. et au S. par des falaises pittoresques, est abritée, du côté de la haute mer, par une digue naturelle de rochers ; aussi les vagues n'y sont-elles pas très fortes, et des enfants peuvent s'y baigner sans danger. Au delà les galets, on trouve en quelques endroits du sable fin, principalement au pied des falaises de droite où existe une jolie plage.
Il n'y a pas d'établissement de bains aux Petites Dalles : on s'y baigne à sa guise on pose soi-même ses limites. 60 cabines (30 c. ; bain de pieds, 15 c.), outre les cabines particulières, et deux guides-baigneurs (30 c le bain), qui entretiennent un radeau et mettent une barque à la mer à l'heure du bain, sont néanmoins à la disposition des baigneurs. L'hôtel des Bains (bureau de poste et télégraphe), bâti sur la plage même et précédé de deux grandes terrasses, sert de casino (jeux, billards) ; il s'y donne des soirées dansantes et des représentations théâtrales ; dans le jardin, il y a pour les enfants des balançoires, des trapèzes, etc. Il existe aux Petites Dalles un établissement de bains chauds bien installé. L'église, le médecin, le pharmacien, le marché sont à Sassetot (2 kil. 400) mais les approvisionnements sont faciles, les fournisseurs descendant tous les jours de Sassetot pendant la saison des bains.
Les Petites Dalles sont un séjour tranquille, fréquenté par des familles paisibles, aimant le calme et une simplicité relative.

Environs

Les deux excursions classiques des Petites Dalles sont celles de Cany (beau château) et de (11 kil. S.) Valmont (R. 15).
Les bois qui couvrent les versants du vallon, et le parc du château de Sassetot offrent des buts de promenades fréquentées. On va à (1 kil. 1/2) la croix de Saint-Louis (magnifique bouquet d'arbres à mi-falaise et grotte pittoresque) ; - aux (3 kil.) gorges boisées appelées Fonds de Sassetot ; - à (3 kil.) Briquedalle, joli fond boisé sur la route de Vinemerville (422 hab.).
Un sentier qui se détache à gauche de la grande rue des Petites Dalles, un peu avant d'arriver à la plage, monte rapidement sur la falaise (jolie vue) et mène en 20 min. aux Grandes Dalles, (...) hameau situé dans un vallon boisé parallèle à celui des Petites Dalles, mais beaucoup plus étroit. L'établissement de bains, fort modeste, est pourvu d'une terrasse en briques formant rotonde. La mer forme ici une crique de petite dimension entre deux très belles falaises, dominant une plage de galets (beaucoup de varech) très abritée et où l'on peut se baigner par tous les temps. Les baigneurs peu nombreux qui fréquentent les Grandes Dalles s'installent dans un petit hôtel du village ou se logent chez les habitants. Du reste, le pays est joli, le vallon boisé ; quelques chalets se trouvent à l'entrée.
Un chemin qui est en quelque sorte la continuation de celui des Petites Dalles relie les Grandes Dalles à (25 min.) Saint-Pierre-enPort, où conduit aussi une route : à la bifurcation des deux chemins se trouve une ancienne croix en pierre dont les sculptures sont frustes.
Sur le plateau qui domine les Petites Dalles, et qui se termine en falaises, on peut aller visiter, à (2 kil.) Saint Martin-aux-Buneaux (1355 hab.), une église, à deux nefs à peu près égales : l'une romane (beau maître-autel en bois doré, à colonnes torses), l'autre de style ogival flamboyant. On remarque, en outre, un baptistère de la Renaissance, qu'on a eu le tort de badigeonner, et de beaux vitraux mutilés. La croix du cimetière date du XVIème s. On remarque aussi à Saint Martin un château moderne, en briques, dont l'entrée est ancienne.





La Chapelle des Petites Dalles


Les projets d'édification d'une chapelle aux Petites Dalles remontent à la fin du siècle dernier. Pour aboutir à la réalisation de la chapelle actuelle, le principal initiateur, Monsieur DU VERGIER, estivant aux Petites Dalles, dut batailler contre de multiples oppositions politiques et administratives, locales principalement.

Les premiers travaux commenceront au printemps 1892 et se termineront à la fin de l'été. (En 1895, une cinquième travée sera étendue aux quatre travées initialement réalisées). Quelques mois auront donc suffi aux différents corps de métiers, sous la direction d'un architecte de Fécamp, pour la réalisation de cet édifice classique, sobre, mais de bonne facture, en maçonnerie et briques. Si l'ouvrage est terminé, les freins administratifs retarderont encore un an l'ouverture de la chapelle au culte.
Pour épargner aux 800 habitants des Petites Dalles, les deux à trois kilomètres nécessaires pour se rendre à l'office de l'église, le 31 octobre 1892, le préfet émet un avis favorable à l'ouverture de la Chapelle. Le 9 février 1893, le Ministre de l'Instruction publique des Cultes et des Beaux-Arts prend une position favorable à l'ouverture de la Chapelle des Petites Dalles. Le 15 avril 1893, l'Abbé GAILHAC est investi par Monsieur PARIS, curé doyen de Valmont. Après d'ultimes aléas politico-administratifs, la Chapelle des Petites Dalles est enfin bénite le 12 août 1893 par l'abbé GAILHAC, curé de Sassetot, délégué par Monseigneur THOMAS, Cardinal-Archevêque de Rouen.

Le centenaire de la Chapelle des Petites Dalles a été célébré par Monseigneur SAUDREAU, évêque du diocèse du Havre et Monsieur l'Abbé DESSOLLE, curé de la paroisse de Sassetot-le-Mauconduit, desservant la Chapelle des Petites Dalles, le 17 juillet 1993.

d'après F F. GREMONT

Une plaquette éditée à l'occasion du centenaire de la Chapelle des Petites Dalles est en vente dans la cabine du Syndicat d'Initiative.




EGLISE DE SAINT MARTIN-AUX-BUNEAUX


Saint Martin-aux-Buneaux doit son nom à une puissante famille seigneuriale du nom de Bunel - Burnel - Burneaux ou Buneaux et fut placé sous la protection du Saint Evêque de Tours ; depuis le règne des premiers
Capétiens, les Seigneurs de Saint Martin furent toujours patrons présentateurs de la cure jusqu'à la Révolution.
L'examen des archives met en évidence l'existence de confréries de dévotion :
« 14 juin 1490 : approbation des statuts de la confrérie N.D. et SS Martin et Nicolas. 40 servants »
« 30 octobre 1564 : approbation des statuts de la Charité ou Confraternité fondée et ayant coutume d'être desservie en l'église de Saint Martin-aux-Buneaux à l'honneur de la TS et indivisible Trinité, de la Vierge Marie et des SS Martin, Nicolas, Sébastien ».
Construite en grès que l'on trouve en abondance à proximité (Malleville les Grès), elle se compose de deux larges nefs, c'est une des plus vastes de la contrée, ce qui laisse supposer une importante population existante au début du XVIème siècle au temps de sa reconstruction.
Carré de forme, placé à l'angle Nord Ouest de l'ensemble, le clocher, masse imposante en gros appareil de grès a vu sa flèche couverte d'ardoise rabaissée en septembre 1965, ce qui accentue son aspect massif.
Ce type de clocher se rencontre aux environs (Vittetleur, St Riquier, etc...).
La façade à double entrée récemment restaurée est d'une grande simplicité.
A l'intérieur, les nefs sont voûtées en charpente avec entraits apparents et séparées l'une de l'autre par un rang de 6 arcades cintrées de la fin du XVIème siècle ; le pilier ouest est engagé dans le massif supportant l'angle Sud Ouest du clocher.
La nef sud serait la plus ancienne reconnue au tuf roman dont des traces apparaissent au pignon ouest et aux contreforts du XIIIème siècle qui soutiennent le choeur dont les fenêtres furent agrandies au XVIIIème siècle.
Les restes de litres seigneuriales du XVIIIème siècle sont visibles ainsi que les blasons des seigneurs décédés (le droit de litre était un droit seigneurial ; au décès du «patron» de l'église, une bande noire était peinte sur les murs de l'édifice sur laquelle les armoiries du défunt se détachaient).




HISTOIRE DES ÉGLISES DE SASSETOT


10ème - 13ème siècle
Une église primitive, en tuf, pouvait recevoir 80 personnes.
12 juillet 1269Bénédiction d'une nouvelle église par Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, C'était un simple quadrilatère surmonté d'un clocher bas.
1554Construction de la croix du cimetière, replacée à l'extérieur de l'église actuelle.
1647Construction d'une nef latérale droite.
1685Construction d'un choeur en grès.
1780Construction d'une nef latérale gauche dite «allée de Saint Pierre».
Janvier 1852Demolition de la vieille église après avoir enlevé les statues anciennes, le baptistère et la grille du choeur.
Mars 1852Mise en route de la construction de l'église actuelle sur les plans de M. Lejeune, architecte (décédé en Avril 1852). M. Couillard, architecte à Dieppe et l'Abbé Robert, ancien architecte à Yvetot, assurent la direction des travaux, exécutés par l'entreprise Lamy du Havre.
1er décembre 1852Bénédiction de la nouvelle église. Le clocher n'est pas relié à la net. Début de la mise en place des vitraux.
14 octobre 1855Le chemin de croix est érigé.
1863 - 1864Prolongation des deux bas-côtés jusqu'au clocher et ouverture d'une porte sous celui-ci.
1889Achat et installation de l'horloge.
1890Construction de l'orgue, don de M. Léon Lachèvre, par le facteur Cavaille-Coil (classé par les Beaux-Arts).
1891Construction de la chaire en bois, due à la collaboration de M. Albert Levieux, menuisier à Sassetot et du sculpteur Lebey.
15 juillet 1894 Bénédiction d'une cloche de 1.059 kgs, venant des ateliers Drouot à Douai.
1995Mise en place des nouveaux fonts baptismaux en cuivre martelé.